Les Soins continus – un monde absurde

Dans ce qu’ils appellent les Soins continus au CHUV, la vaste majorité des soignants (médecins et chirurgiens inclus), semble croire que si le patient est consterné par son environnement, il n’a aucune justification de l’être. C’est la faute exclusive dudit patient. Il incombe à lui, et uniquement à lui, de faire abstraction du fait qu’il est dépendant d’un système qui se veut efficace, mais qui n’a pas hésité à y sacrifier toute humanité.

  • N’importe que le patient vient de subir une grosse chirurgie touchant deux de ses organes vitaux (coeur et poumons);
  • N’importe qu’il se trouve alité et qu’il y a une quantité impressionante de tuyaux qui entrent et sortent de son corps;
  • N’importe qu’il est plus vulnérable qu’à tout autre moment de sa vie (sauf quand il était nourisson, expérience dont de toute façon il ne se rappelle pas).

Le fait d’être vulnérable et dépendant est souligné par un personnel qui a la tendance à lui parler comme si c’est un petit de 3 ans, et pas parmi les plus intélligents de son âge non plus.

  • N’importe le stress immense que son système entier a subi, corporel autant qu’émotionnel;
  • N’importe que le patient, dans le plupart des cas, n’exerce pas un métier qui l’expose constamment à des corps humains déchiquetés ou rongés par une maladie; ni à d’autres personnes alitées qui hurlent, qui délirent. (Et dans la plupart des cas il ne subit pas ce genre de chose dans sa vie privée non plus. L’ambience des Soins continus est pour lui, le choc le plus total.)

Le patient lambda n’a jamais choisi un métier dans le domaine médical. Il ne met que rarement les pieds dans un hôpital. Il n’est pas là parce qu’il avait énormément d’autre possibilités.

Le patient lambda est déjà pas mal inquiet avant l’intervention, voire terrorisé.

Malgré toutes ces considérations, une docilité totale est ce qu’on attend du patient dans les soi-disant Soins continus. Il est censé mettre ce qui lui arrive dans une perspective qu’il n’a jamais eu la moindre occasion d’acquérir. S’il ose se plaindre de quoi que ce soit, il sera enguelé comme un enfant méchant. Y a des personnes beaucoup plus malades que vous, Monsieur! On n’a pas que vous à soigner! Votre demande d’être traité comme l’être humain que vous êtes, est nul et non avenu.

Dans les Soins continus, vous n’avez qu’à encaisser les coups.

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