Les doléances

(Telles que je les ai envoyées à 4 mois de ma très mauvaise expèrience de chirurgie à coeur ouvert au CHUV.)

Doléances majeures

  1. Tout le système des «Soins continus», qui mélange les gens qui n’ont plus toute leur tête avec ceux qui sont sains d’esprit (donc calmes, raisonnables et qui ne souhaitent que récupérer d’une chirurgie majeure. En paix).
    • La salle des «Soins continus» contient 6 lits. Il suffit qu’un patient soit en délire dans cette salle pour pourrir la vie à tous les autres.
    • Les infirmiers se montrent résignés devant cette situation, et n’essaient même pas de calmer un patient qui – pour donner un exemple – téléphone chez sa femme à 21 hrs, en parlant très fort, et en mettant ladite femme sur haut-parleur! Dans une salle de 6 patients qui viennent de subir une opération à coeur ouvert!

      Par contre, la personne qui va vers les infirmiers pour s’en plaindre (en l’occurrence moi) se voit engueulée par une infirmière! («Vous voyez pas que ce pauvre monsieur n’a pas toute sa tête ?») Bref, on ne se croit plus en Suisse. Dans une salle de 6 patients, c’est le plus bruyant qui est le patron.

    • En plus du «pauvre monsieur qui n’avait pas toute sa tête», il y avait un autre patient dans les «Soins continus» qui souffrait d’une grande détresse post-opératoire, et passait ses nuits à crier, à geindre, à arracher son masque d’oxygène et ainsi de suite. #1

      Pour les autres personnes dans cette salle – à moins d’être eux-mêmes profondément sous sédation (ou sourds, ou tous les deux) – c’était une nuit angoissante, ponctuée de crises terrifiantes de la part du monsieur en détresse.

      Dans la littérature scientifique on peut lire de nombreux cas de personnes qui ont été internés dans un asile d’aliénés, et qui en sont sorties avec le syndrome de stress post-traumatique.

      Pourquoi diable est-ce que vous mettez des patients mentalement sains dans une même salle avec ceux et celles qui sont – peut-être temporairement – fous à lier ?

  2. Les infirmiers des «Soins continus» opèrent une sorte de triage à l’envers (probablement inconscient) dès qu’un nouveau patient arrive chez eux des Soins intensifs. (Une infirmière m’a même confirmé cette hypothèse quand je l’ai émise.)
    • Le résultat, pour le patient qui fait plus jeune que les autres, qui est peut-être plus vif, plus rapidement mobile etc., et qui ne souffre pas de multiples pathologies, est de se trouver délaissé par le personnel soignant.

      De plus, le personnel semble croire que malgré le fait que cette personne «qui va bien» a reçu un grand choc systémique et s’est retrouvée après la chirurgie aussi dépendante qu’un nourrisson – expérience très choquante et angoissante pour un adulte – cette personne est censée rester tranquille, ne pas poser des questions, ne pas demander de l’aide, – bref, cette personne doit juste se la fermer parce qu’elle a la malchance d’aller relativement bien comparée aux autres patients dans la salle.

      Pour ledit patient, c’est quand même la pire expérience de sa vie – donc se faire traiter de vilain enfant en rajoute à sa détresse et n’est pas acceptable!

  3. L’arrogance des chirurgiens, qui passent le minimum de temps avec le patient, et n’acceptent pas la moindre réclamation sans péter un plomb. Exemples de très mauvais comportement:
    • La personne en blouse blanche qui s’est présentée à mon chevet un dimanche au CHUV, cinq jours après ma chirurgie, accompagné de mon infirmier. Soudainement je sens que je tombe dans une narcose, mais je reviens sans entièrement perdre conscience. Puis cela arrive une deuxième fois: partir, revenir.

      (Je vous propose de vous laisser surprendre par cette expérience un jour – c’est désagréable, pour dire le moindre!) J’entends l’infirmier dire «Y a pas de systole!» et l’inconnu dit «C’est très étrange que ça va dans ce sens-là!» Je lui dis «Qu’est-ce que vous voulez dire par: ‘Dans ce sens-là ?’» et il répond: «Que le cœur bat trop lentement après l’opération, mais qui dégrade ensuite et ne bat plus quelques jours plus tard! Normalement cela s’améliore avec le temps!»

      C’est à ce moment-là que je commence à comprendre que i) c’est un médecin (au CHUV même les gens qui nettoient le sol portent une blouse blanche, ainsi que les infirmiers, les radiologues, etc. donc je n’avais aucune façon de le savoir, vu qu’il ne s’est jamais présenté), et que ii) il avait débranché mon pacemaker externe – sans me prévenir – pour voir ce qui se passerait. Et cela deux fois de suite.

      Il suffit de chercher sur le web – “Comment procèder à un contrôle de pacemaker implanté (guide du practicien)”. Cela commence avec: “Informer le patient de ce que vous allez faire”. Ceci n’est pas la façon de faire du CHUV de Lausanne, en 2016/2017!

      Cette seule expérience démontre parfaitement le mépris habituel à l’égard du patient de la part des vedettes de la médecine au CHUV. (J’ai encore appris plus tard que c’était ce même médecin qui allait m’opérer pour m’implanter un pacemaker définitif.)

    • J’ai encore eu une expérience semblable, quoique moins flagrante, quelques mois plus tard quand je suis allée au PMU en ambulatoire pour une tachycardie sinusale soudainement apparue 6 semaines après la chirurgie. La cardiologue qui m’a vue a commencé à tester la configuration de mon pacemaker implanté sans me prévenir au préalable! Cela a occasionné des sensations atroces dans ma poitrine – et totalement inattendues! Décidemment, au CHUV la politesse et considération pour autrui – qualités connues et reconnues parmi les Suisses – n’existent absolument pas dans le comportement des médecins envers les patients. Le patient n’est qu’un malheureux sac de viande.

    Plus jamais je ne me ferais bernée par le mythe de la très grande «qualité suisse». Je suis allée me faire opérer au CHUV en croyant fermement que les soins seraient au top.

    La réalité a été la pire expérience de ma longue vie, et d’autant plus choquante dans ce pays riche et calme, qui se vante de sa supériorité et de son excellence.

    Et j’ai une question pour vous: «Est-ce qu’il coûterait vraiment une fortune d’apprendre l’humanité et l’humilité à vos médecins ?»

  4. Avant d’implanter un pacemaker artificiel définitif sous la peau de mon épaule gauche, le médecin m’a dit que la marque et modèle qu’il implanterait était «le pacemaker le plus petit qui existe». Cette prétention était tout simplement fausse. #2
      • Mon mari et moi sommes tous les deux informaticiens. Nous nous intéressons beaucoup aux gadgets électroniques, donc nous avions déjà fait des recherches et choisi quelques marques de pacemakers qui nous semblaient les plus intéressants. Cependant, le médecin ne voulait rien en savoir. Il a insisté que le CHUV utilise la marque une telle parce que c’était «la meilleure» et nous avons fini par faire confiance à ce choix – ce pacemaker tellement «petit».
      • En l’occurrence, le médecin l’a implanté trop haut et trop près de l’articulation de mon épaule, avec le résultat que la bretelle de mes sous-vêtements passe directement par-dessus la bosse faite par ce «petit» pacemaker, qui est accessoirement très visible en 3D sous ma peau. En plus, quand je conduis n’importe quelle voiture, la ceinture de sécurité passe droit sur cette bosse, ce qui reste inconfortable même 4 mois après l’intervention.

    Rappelons qu’un pacemaker artificiel n’était jamais prévu avant cette chirurgie: l’opération à cœur ouvert devait corriger un valve aortique et réparer un aneurisme. Point à la ligne.

    La très mauvaise chance veut que je suis dans le 1% de patients opérés du valve aortique dont le pacemaker naturel du cœur soit endommagé pendant l’intervention; patients qui sont par conséquent invités à se faire implantés d’un pacemaker artificiel juste pour rester en vie.


Notes

#1
Je n’étais pas dans cette salle en même temps que lui qu’une nuit sur trois, Dieu merci. Mais vu la remarque d’un autre patient des «Soins continus» au moment de ma rentrée après une nuit ailleurs: «Vous avez eu raison de partir, Madame – ces deux-là nous ont emmerdés toute la nuit!» mon expérience de la troisième nuit était tout à fait typique. (Il semble que pendant ses moult cauchemars de la nuit, le monsieur en détresse ait été régulièrement apostrophé – d’une voix très forte – par son voisin amateur du téléphone sur haut-parleur.)

#2
Il aurait été plus juste de dire: “Il existe d’autres pacemakers artificiels beaucoup plus petits, mais ils ne conviennent pas dans votre cas, qui est celui d’un blocage AV total.” Le pacemaker choisi pour moi au CHUV est sans doute un des meilleurs en ce qui concerne son action principale, c’est à dire d’empêcher au patient de tomber raide mort. Mais par rapport aux autres pacemakers sur le marché pour les cas comme le mien, il n’a aucun avantage en ce qui concerne sa taille. En 2016/2017 les pacemakers “dual chamber” sont tous de la taille d’une pièce de 50 centimes Suisse, mais plus épais.

Vu que je passe du temps à m’entrainer au fitness presque tous les jours, beaucoup de mes amis et connaissances ont eu l’occasion de voir ce “petit” pacemaker pendant que je m’entraine. Quand j’explique qu’est-ce que c’est, voici les 3 réponses les plus communes:

“Je ne savais pas qu’ils étaient si grands!”

“Tu dois porter ça jusqu’à la fin de ta vie?”

“Je ne savais pas qu’ils étaient visibles!”

Tous étaient navrés pour moi qu’une telle chose m’arrive.

 

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